Ce matin, elle ne se sentait pas dans son assiette. D’abord une voiture qui la coinçait sur le parking de la résidence. Puis une averse de pluie quand elle avait quitté le magasin et sa voiture
qui était loin. Enfin, cette bosse sur le fr

ont quand elle avait voulu décharger ses courses. Sans compter quelques coups de téléphone qui l’avaient mise en pétard. Elle en
était là de ses réflexions quand la fenêtre s’ouvrit sur un coup de vent. Elle allait la fermer quand son regard fut attiré par quelque chose. Une tâche de couleur… qui venait vers sa porte !
D’en haut, elle n’avait pas vu qui s’était engouffré dans l’escalier. Sans doute le voisin… quand la sonnette retentit ! Elle en oublia de fermer la fenêtre quand elle vit dans l’œilleton une
énorme gerbe de lilas. C’était donc pour elle. Qui donc cela pouvait être ? Elle n’attendait personne. Celui qui aurait pu les lui offrir était parti faire du trekking dans le Larzac. Le cœur
battant, elle ouvrit quand même. C’était donc lui ? Mais oui ! Un grand sourire sur les lèvres. « Excuse-moi mais ma randonnée à Rochefort a été plus rapide que prévue ». Elle lui sauta au cou.
Surpris, ne sachant pas où poser la gerbe, il resta les bras ouverts.
Déjà, sa bouche se collait, son corps épousait, ses mains ébouriffaient. Et lui, handicapé par le lilas, ne pouvait pas la serrer contre lui. Pas lui faire sentir le trouble qu’il avait dans son
pantalon. Elle en profitait d’ailleurs pour lui ouvrir la veste, la chemise, passer la main sous la ceinture. Ce genre de gestes qui ne calment pas les troubles mais exacerbent les désirs. Il
était là, son mâle, son mâle rien qu’à elle. En chair. En os. En muscle. En regard énamouré. Il la poussa à l’intérieur ? Claqua la porte du talon. Jeta le lilas sur la table du salon. Son corps
de femme épanouie était chaud, doux, envieux.
Quand plus tard, vautrés sur la moquette, ils reprirent leurs souffles, ils éclatèrent de rire. C’était bon de se retrouver !
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